
Stop, le conseil d’État a dit stop au Département de la Dordogne, dont il estime le recours infondé sur les tous les plans : le projet de déviation de Beynac s’arrête là, comme pouvaient le laisser à penser les conclusions du rapporteur public, le 22 mai. La plus haute juridiction de France confirme ainsi la décision que la cour administrative d’appel de Bordeaux a rendue le 10 décembre dernier, au terme d’un marathon judiciaire qui semblait ne jamais pouvoir finir : la collectivité doit maintenant exclusivement se concentrer sur la démolition des travaux déjà engagés et sur la remise en état du site, sous un an. Un délai qui continuait de courir, malgré la saisine du Conseil d’État par le Département. Il lui reste donc maintenant 6 mois pour s’exécuter. Réaction de l’association Sauvons la Vallée de la Dordogne (ASVD) par la voix de son président Philippe d’Eaubonne.
« Aujourd’hui, les opposants à ce projet inutile ont enfin obtenu que la justice soit rendue ». Le président de l’association Sauvons la Vallée de la Dordogne (ASVD) garde en tête que, si leur bras de fer avec le Département de la Dordogne a duré une éternité, la Vallée de la Dordogne va rester « un joyau environnemental, patrimonial et touristique ». Il a fallu à tout le moins de la constance aux opposants au projet de contournement de Beynac pour que « le droit soit reconnu ».
Pot de terre contre pot de fer
Par trois fois depuis 1994, la population locale avait été consultée via la procédure d’enquête publique, par trois fois elle avait rejeté ce projet de contournement routier. Les opposants ont puisé de la force à se savoir, à chaque fois, majoritaires. Ils allaient en avoir besoin : ce marathon judiciaire paraissait éternel. « Pendant trente ans, notre lutte a été inégale ». Le pot de terre contre le pot de fer, en somme. « Tout ce temps, nous avons dû démontrer que les arguments du Département tournaient le dos à la réalité ». Face à la farouche détermination de la collectivité, les opposants ont même organisé des « actions non conventionnelles ».
« Les habitants de la Dordogne peuvent être fiers »
Aux yeux de l’ASVD, ce 29 juin 2020 est le jour qui garantit à l’ensemble des habitants de la Dordogne que « leur patrimoine, leur histoire, leur environnement et leur économie seront protégés ». Et « ils peuvent (en) être fiers ».
« Maintenant, il est l’heure d’appliquer la décision de la justice »
Pour autant, les opposants restent mobilisés. « Maintenant, il va falloir remettre un peu d’ordre dans toute cette affaire ». Il est l’heure, dit Philippe d’Eaubonne, que la décision de la justice (démolition du chantier, remise en état du site) s’applique. Et il assure que l’ASVD va y veiller.